La piété filiale et le culte des ancêtres

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Dans la tradition vietnamienne, la piété filiale est la vertu familiale de tout vietnamien et sa première religion sociale, c’est le culte des ancêtres: chaque maison possède son autel des ancêtres et chaque grande famille son lieu de culte appelé "le temple familial" (töø ñöôøng).

Le caractère (hiu)= piété filiale, est sacré pour tout enfant du Viet-nam, et la plus grande injure a son égard est de le traiter de baát hieáu = impie = pas de piété filiale! Avant de connaître le 4è commandement de la religion catholique, le vietnamien a appris du confucianisme ses devoirs a l’égard do ses parents (vivre avec eux, les respecter et leur obéir toute sa vie, les aider et les soigner jusqu’à leur mort, et après leur mort porter le deuil pendant trois ans.

Chaque famille vietnamienne possède dans sa maison un autel, une sorte de table sur laquelle sont installés les photographies des ancêtres, les tablettes des défunts, des chandeliers, un plateau de fruits, un vase de fleurs et quelques baguettes d’encens piquées dans un bol de sable. A chaque défunt correspond une tablette (bài-vò) sur laquelle est gravé son nom. Cette tablette funéraire constitue "le siège de l’âme du défunt".

Dans l’histoire de l’Eglise en Chine et en Extreme-Orient l’affaire nommée "la querelle des Rites" a commencé en 1631 entre les Jésuites, les Dominicains et les Franciscains: le décret du 23/06/1656 et la Constitution du 19/03/1715 ‘Ex Illa die" de Clement Xl, ont défendu le Culte des ancêtres d’après les Rites Chinois. Mais en 1932, après des recherches plus rigoureuses, la Propaganda de la Foi a donné les Directives "Plane compertum est" autorisant les Rites Chinois concernant le culte des ancêtres.

Plus précisément pour le Viêt-nam, le 20/08/1964, le Vatican a donné une réponse positive à la lettre des Evêques du Viet-nam concernant le Culte des ancêtres, d’après l’esprit des Directives "Plane compertum est".

Ainsi l’application des Rites Chinois n’est devenue officielle qu’à partir de 1965 au Viêt-nam…

Pour avoir plus de précisions il faut se rapporter à la publication des Directives du Conseil des Evêques concernant le Culte des ancêtres à Nhatrang, le 14/11/1974:

1) L’autel des ancêtres est placé en-dessous de l’autel de Dieu dans a famille, pourvu que sur cet autel ne soit exposé aucun objet superstitieux, comme le Hoàn baïch (morceau de soie déposé sur la poitrine du mourant avant sa mort…)

2) Brûler des baguettes d’encens et des bougies sur l’autel, ce sont là des gestes de piété filiale pour honorer les défunts; ces gestes sont autorisés.

3) Les córémonies régionales à l’occasion des jours d’anniversaire des défunts sont autorisées, pourvu qu’on en élimine tout ce qui est superstitieux.

4) Dans les mariages, les époux peuvent accomplir des cérémonies devant l’autel des ancêtres pour montrer leur respect et se presenter devant eux.

5) Dans les cérémonies de funérailles on peut s’incliner ou se prosterner devant les défunts, brûler des baguettes d’encens selon les pratiques régionales, pour montrer du respect à leur égard, comme dans l’Eglise on a l’habitude de brûler des cierges et d’encenser les cercueils des défunts.

6) On est aussi autorisé à participer aux cérémonies (au temple du village) pour honorer le genie tutélaire, personnage historique qui a bien mérité de la population - et non pour honorer par superstition quelque genie inconnu.

Frère Herman Leâ Vieát Laõng

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